Maroc

Le secteur marocain de la microfinance est une industrie relativement diversifié avec 13 Associations de Microcrédit (AMC) :

  • 4 grandes AMC d’envergure nationale : Al Amana, FONDEP, Fondation Attouafiq et ARDI
  • 3 AMC ont une couverture régionale : AMSSF, INMAA et Al Karama
  • 5 AMC se veulent des associations locales : Fondation du Nord, ATIL, Ismaïlia, Tawada, AMOS
  • Bab Rizk Jameel (BRJ), dont les activités ont démarré en 2010, se positionne principalement en zone rural avec une ambition nationale

Un Observatoire nationale de la microfinance a été créé dans le cadre du partenariat entre la FNAM (Fédération Nationale des Associations de Microcrédit) et le Centre Mohamed VI de soutien à la microfinance solidaire. Il comprend une cellule de veille dont la mission est de suivre les évolutions du secteur. Ils éditent les chiffres suivant : fin 2012 l’ensemble des AMC de la zone marocaine dessert 810 712 clients pour un encours de crédit de 4 603 994 milliards de Dirhams marocain.

Selon la même source, le secteur est à l’origine de 6 000 emplois directs permanents et de milliers d’emplois indirects. On comptabilise plus de 1 300 points de vente sur l'ensemble du territoire ; soit par analogie, plus que les grandes banques de la place (1 000 agences). Le taux de couverture de la population est estimé à 60% dans les zones urbaines et près de 40% dans les zones rurales ; plus de 52,7% des points de vente sont localisés en milieu urbain et 47,3% en milieu rural. Les AMC sont implantées pratiquement dans toutes les régions du pays et notamment là où le taux de pauvreté est élevé.

De plus en plus, de nouvelles offres voient le jour, avec le développement du crédit logement, d’innovations de produits de prêt en milieu rural, et à l’augmentation constante des crédits individuels. Malgré tout, les AMC ne servent que 10% à 20% du marché cible. Les populations qui pourraient bénéficier de microcrédits représentent un potentiel client de 3,2 millions.

Indicateurs économiques clés
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Population : 33 millions (2013)

RNB par habitant : 3 020 USD (2013) 

Croissance du PIB : 4.4% (2013)

Monnaie : Dirham marocain

% de la population vivant avec moins de 1.25 USD par jour : 2.6% (2007)

% de la population vivant avec moins de 2 USD par jour : 14.2% (2007)

Sources: 
Banque Mondiale
Indicateurs d'inclusion financière
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% de la population ayant un compte dans une institution financière formelle : 59% (2014)

% de la population ayant un prêt dans une institution financière formelle : 7% (2014)

% de la population épargnant dans une institution financière formelle : 27% (2014)

Cadre légal, réglementaire et institutionnel
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L’activité de microfinance au Maroc est régie par un texte fondateur (Loi n° 18-97 relative au microcrédit du 1 er avril 1999) ainsi qu’une loi qui complète et modifie ce précédent texte (Loi n°58-03 du 6 mai 2004).

Les associations de microcrédit (AMC) se déclinent sous la forme d’associations sans but lucratif conformément aux dispositions du dahir n° 1-58-376 du 3 joumada 1378 le 15 novembre 1958 qui réglemente le droit d’association.

La loi prévoit que l’on considère comme microcrédit tout « crédit dont l’objet est de permettre à des personnes économiquement faibles » :

•    «… de créer ou de développer leur propre activité de production ou de service en vue d’assurer leur insertion économique ;
•    « d’acquérir, de construire, ou d’améliorer leur logement ;
•    « de se doter d’installations électriques ou d’assurer l’alimentation de leurs foyers en eau potable. »

Le montant maximum du microcrédit, ne peut excéder cinquante mille dirhams (50.000 DH) et est fixé par décret. Ce décret peut prévoir plusieurs niveaux de montant en fonction des objectifs de chaque association de microcrédit et de ses moyens financiers.

La création d’une AMC, passe obligatoirement par la création d’une association selon les dispositions du dahir n° 1-58-376 du 3 joumada 1378 et le dépôt d’un dossier de demande d’agrément auprès du Ministère de l’économie et des finances, qui le soumet pour avis au conseil consultatif du microcrédit.

En plus, l’association demandeuse doit prévoir, dans ses statuts la non-discrimination à l’octroi de microcrédit. Elle doit s’interdire toute activité politique ou syndicale. Son action doit s’avérer viable humainement et financièrement et ne pas aller à l’encontre des programmes nationaux d’insertion économique.

Les AMC doivent appliquer un taux d’intérêt fixé par décret après avis du conseil consultatif du microcrédit. Ils ont une obligation d’information quant aux conditions appliquées à l’octroi de prêts.



Les ressources autorisées sont très diverses mais en aucun cas les AMC ne peuvent distribuer leurs bénéfices. Ces bénéfices peuvent seulement être utilisés dans l’octroi de microcrédit. Le contrôle et la supervision des AMC sont assurés par la Banque Centrale, Bank Al Maghrib, depuis 2007. Elles doivent tenir une comptabilité régulière, effectuer un audit externe chaque année et transmettre des rapports réguliers à Bank Al Maghrib.

Politique nationale de développement du secteur
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En 2012, le secteur marocain de la microfinance s’est doté d’une stratégie nationale de la microfinance. Diligentée par le Centre Mohammed VI de la Microfinance Solidaire, l’étude sur les perspectives stratégiques du secteur de la microfinance au Maroc a été menée par le cabinet Oliver Wyman. Elle doit permettre d’accroitre la visibilité au secteur, d’élaborer une stratégie sur les dix prochaines années et faire du secteur national de la microfinance un acteur clé de lutte contre la pauvreté par la création d’emplois et d’activités génératrices de revenus, mais aussi performant, pérenne et intégré dans la politique économique et sociale du royaume.

Résultats attendus

  • Servir, à l’horizon 2022, 3,2 millions de bénéficiaires actifs ;
  • Atteindre 2 millions d’ETP (Equivalent temps plein) additionnels avec un encours qui passera de 5 milliards de Dhs actuellement à 25 milliards en 2022, soit 1,8% du PIB ;
  • Maintenir le coefficient d’exploitation au niveau des Best Practices, soit 65% ;
  • Ramener le PAR à 30 jours en dessous de la moyenne mondiale (3,1%) ;
  • Assurer la viabilité financière des AMC en assurant une rentabilité au niveau de la moyenne mondiale qui est de 17%.

Feuille de route

Le secteur doit, à ce titre, s’appuyer sur les leviers stratégique suivants :

  1. Environnement institutionnel et concurrentiel
  2. Réglementation/cadre juridique
  3. Gouvernance des AMC
  4. Efficacité opérationnelle
  5. Développement de l’offre
  6. Ciblage client
  7. Régionalisation

Ces leviers sont déclinés en 48 actions et plusieurs garde-fous permettent de sécuriser la réussite des objectifs sociaux du secteur.

Moyens

Chaque chantier ou projet nécessitera les moyens suivants pour sa réussite :

  • Un leadership clairement affirmé, soit d’un acteur en charge du sujet (une AMC, une organisation telle la Fédération Nationale des Associations de Microcrédit (FNAM) ou le Centre Mohammed VI de Soutien à la Microfinance Solidaire, …), soit d’une personne en charge du projet ;
  • Des moyens de contrôle, de suivi des objectifs et des contraintes en cas d’écarts ;
  • Des financements adaptés ;
  • La mise en place de standards ou de normes communs à l’ensemble du secteur ;
  • Des ressources ayant une bonne connaissance du domaine pour préparer les standards et, le cas échéant, mettre en œuvre la mutualisation.

Par ailleurs, les besoins de financement du projet dès 2012 impliquent un soutien de l’ensemble des partenaires dès le démarrage, notamment:

Des financements d’appui sous forme de programmes d’assistance technique ;
Un fonds de garantie pour certains crédits ou pans du portefeuille, afin d’encourager les prêts à destination de segments de bénéficiaires ou géographiques plus risqués.

Dans ce cadre, la FNAM a pu obtenir de l’Agence de Partenariat pour le Progrès qu’elle mobilise deux enveloppes conséquentes :

  • 5,4 millions $ dédiés à l’assistance technique des différentes AMC ;
  • Et 4 millions de $ à l’appui à l’implémentation des nouvelles technologies : scoring, mobile cash, nouveau SIG.

La mise en œuvre de la stratégie sera assurée par la FNAM après renforcement de son organisation et de ses ressources humaines.