FAQ: Microfinance

Qu'est-ce que la microfinance ?
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La microfinance a pour objectif de fournir des services financiers aux personnes à faible revenu. Elle s'inscrit dans une démarche envisageant un monde où les ménages à faible revenu disposeraient d'un accès permanent à des services financiers abordables et de qualité pour financer des activités génératrices de revenus, accumuler des actifs, stabiliser leurs dépenses de consommation et se prémunir contre les risques. À l'origine, le terme était étroitement lié au microcrédit (de très petits prêts accordés à des emprunteurs non salariés ayant des garanties limitées ou inexistantes), mais il a depuis évolué pour couvrir toute une gamme de produits financiers (épargne, assurance, paiements, transferts d'argent, etc.).

Au cours des dernières décennies, les institutions de microfinance et les autres prestataires de services financiers se sont efforcés d'élaborer des produits et des modes de prestation susceptibles de répondre aux besoins très divers des populations à faible revenu. Par exemple, contrairement aux autres formes de prêt, la microfinance a recours à des mécanismes tels que les prêts de groupe et les garanties collectives, des conditions d'épargne préalables et un accroissement graduel du montant des prêts pour évaluer la solvabilité des clients. Aujourd'hui, les prestataires de services de microfinance continuent de chercher à mieux comprendre les besoins financiers de leurs clients potentiels et de concevoir des produits répondant à ces besoins.

Qu'est-ce que l'inclusion financière?
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Le concept d’inclusion financière réfère à la mise en place de marchés financiers à même de desservir un plus grand nombre de personnes en leur fournissant davantage de produits, à moindre coût et de façon responsable. Les marchés financiers accessibles à tous se composent d’un vaste écosystème d’infrastructures et d’intervenants reliés les uns aux autres qui offrent des services financiers sûrs et efficaces aux consommateurs à faible revenu. Parmi ces intervenants figurent des banques, des coopératives financières, des émetteurs de monnaie électronique, des réseaux de paiement, des réseaux d’agents, des compagnies d’assurance, des institutions de microfinance, etc.

Les initiatives mises en œuvre aujourd’hui en matière d’inclusion financière s’appuient sur les activités menées par les prestataires de services de microfinance au cours des dernières décennies. Au départ, la microfinance se limitait à l’octroi de prêts aux personnes démunies désireuses de créer des microentreprises. Elle s’est ensuite muée en un mouvement d’envergure mondiale visant à permettre aux populations pauvres d’accéder à une gamme de produits et de services financiers. L’expérience et les travaux de recherche montrent que les personnes à faible revenu peuvent ainsi — outre contracter des crédits — épargner, effectuer des paiements, recourir aux services d’assurance et utiliser divers outils pour faire face à la complexité financière de leur vie quotidienne. Les efforts d’inclusion financière ont pour objectif de mettre ces produits et d’autres instruments à la disposition de tous de manière sûre, rentable et pratique. 

Qu'est-ce que la banque mobile ?
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Le terme de banque mobile renvoie à des transactions financières effectuées via la téléphonie mobile. Par rapport aux services bancaires traditionnels reposant sur des succursales physiques, la banque mobile permet de toucher un plus grand nombre de personnes, à moindre coût et de manière très pratique.  

Avec le développement rapide des technologies mobiles, leur application dans le domaine des transactions financières s'avère très utile pour de nombreuses personnes qui n'avaient jusqu'à présent aucun accès aux services financiers. Les opérateurs de réseaux mobiles, les États et les institutions financières (allant des grandes banques commerciales aux institutions de microfinance) reconnaissent le potentiel de la banque mobile et ont commencé à l'exploiter. Un certain nombre d'États (et leurs banques centrales) ont également adopté des mesures pour limiter la circulation d’argent en espèces afin d’en réduire l'utilisation, et donc le coût, dans leur économie.

Des travaux de recherche se penchent actuellement sur les réussites et les échecs de la banque mobile afin de mieux cerner les forces du marché, les modèles d’entreprise et les conditions requises au niveau de l’ensemble du système pour parvenir à déployer avec succès des services de banque mobile dans le reste du monde.

Qui sont les clients de la microfinance ?
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Les clients de la microfinance ont typiquement des revenus peu élevés et exercent souvent une activité indépendante dans l'économie informelle, une situation qui leur ferme généralement les portes des banques et des autres institutions financières officielles. Ils tiennent de petits magasins ou de petites échoppes, ou vendent des objets d'artisanat qu'ils fabriquent chez eux ; dans les zones rurales, il s'agit principalement de petits fermiers et de personnes qui vendent ou transforment des produits agricoles ou des biens.

Les clients de la microfinance vivent souvent juste en dessous ou au-dessus du seuil de pauvreté, lequel correspond communément à un revenu de 1,25 dollar par jour, les femmes constituant la majorité des emprunteurs. Au cours des dernières décennies, les institutions financières ont développé toute une gamme de produits pour répondre aux besoins très divers de ce marché à la fois immense et mal desservi.

Quels services financiers les pauvres utilisent-ils ?
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Vivre dans la pauvreté signifie notamment avoir des revenus potentiellement irréguliers et imprévisibles. Les gens vivant dans la pauvreté ont besoin de pouvoir accéder à une large gamme de produits et services financiers personnalisés en fonction de leur situation. Les services financiers peuvent aider ces populations à accumuler des actifs par le biais de l'épargne ou en finançant des activités génératrices de revenus, ainsi qu'à surmonter les chocs ponctuels (maladie, décès, vol, catastrophe naturelle, etc.).

Une étude rapportée dans l'ouvrage Portfolios of the Poor montre que, malgré toutes leurs difficultés, de nombreuses personnes survivant avec moins de 2 dollars par jour parviennent à économiser, à accéder au crédit, à s'assurer et à réaliser des paiements et des transferts d'argent en utilisant tous les moyens à leur disposition. Mais ces moyens peuvent leur coûter cher à plusieurs égards : pour accéder aux produits financiers les plus basiques, les pauvres doivent payer des frais élevés et recourir souvent à des solutions peu sûres, imprévisibles et proposées par des personnes sans scrupules.

C’est pourquoi le mouvement en faveur de l'inclusion financière s'efforce de promouvoir la fourniture d'une gamme complète de produits financiers à des prix raisonnables et ne présentant pas les multiples risques auxquels les pauvres sont confrontés aujourd'hui.

Quels genres d'institutions fournissent des services financiers aux clients pauvres ?
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Les pauvres ont besoin de nombreux types de produits et services financiers, et un éventail croissant d'organisations s'efforcent de les atteindre et de leur proposer des services d'épargne, d'assurance, de transfert d'argent et de crédit.

En plus des acteurs traditionnels (institutions de microfinance, caisses de crédit, coopératives, banques, etc.), d'autres entités, notamment des opérateurs de réseau mobile, tirent parti des technologies pour élaborer de nouveaux modes de prestation afin d'apporter ces services aux pauvres, parfois en partenariat avec des institutions financières existantes.

Quels sont les outils utilisés pour mesurer l'impact des efforts en faveur de l'inclusion financière ?
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Étant donné l'importance des sommes et des efforts mobilisés pour favoriser l'inclusion financière à l'échelle mondiale, il est essentiel d'aller au-delà des données empiriques et de mesurer précisément l'impact de ces initiatives. Déterminer si les différents programmes aident vraiment les gens, qui ils ont aidé précisément et pourquoi ils ont été efficaces peut fortement contribuer à améliorer leur conception afin d'optimiser leur impact.

Un certain nombre d’approches permettent d'évaluer l'impact d'un programme. La méthode la plus simple (l'évaluation de programme) consiste à analyser un ensemble d'indicateurs pour mesurer le bien-être des populations visées avant et après leur accès à des services financiers (soit avant et après « l’intervention » pour reprendre le terme utilisé par les chercheurs). L'inconvénient de cette méthode réside dans le fait qu'elle ne permet pas de déterminer les relations de cause à effet, ce qui fait que les changements observés peuvent être dus à l'intervention ou pas. D'autres méthodes vont au-delà de l'évaluation de programme pour identifier les liens de causalité entre l'intervention et les changements observés au niveau du bien-être des populations que le programme cherchait à aider. C’est notamment le cas des essais randomisés aléatoires et des évaluations quasi expérimentales ; ces méthodes fournissent les données les plus précises, mais elles sont complexes et coûteuses à réaliser, et généralement conduites par des chercheurs ou d'autres professionnels possédant une formation spécifique.

Pourquoi les taux d'intérêt sont-ils plus élevés dans la microfinance que dans les services bancaires traditionnels ?
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Les petits prêts sont plus coûteux à gérer que les gros parce qu'ils prennent plus de temps à traiter. En l'absence d'un historique d'emploi et de toute garantie, ce type de prêt nécessite une évaluation manuelle prenant beaucoup plus de temps pour apprécier la solvabilité de l'emprunteur potentiel. L'institution de microfinance (IMF) envoie généralement l'un de ses représentants rendre visite au client dans le cadre de ce processus, ce qui rend celui-ci encore plus compliqué et coûteux dans les zones reculées ou à faible densité de population. Une fois qu'un prêt a été approuvé, l'IMF dépêche sur place souvent un employé pour décaisser les fonds et collecter les paiements en personne, ce qui ajoute encore des frais significatifs par rapport au mode opératoire des banques traditionnelles. Les IMF doivent donc facturer des taux d'intérêts supérieurs aux taux bancaires standard pour couvrir leurs coûts et être en mesure de continuer à proposer ces services.

La bonne nouvelle, c'est que les technologies et de nouveaux modèles commerciaux sont en train de faire émerger des modes de prestation inédits permettant de faire baisser les coûts et d'atteindre davantage de personnes. Les banques et les IMF peuvent par exemple utiliser l'argent mobile et les réseaux d'agents/détaillants pour décaisser les prêts et collecter les paiements au lieu d'avoir à envoyer des chargés de prêts dans des zones reculées pour accomplir ces transactions. Des innovations de ce genre contribuent à faire baisser le coût de l'activité économique avec les clients pauvres, ce qui peut se traduire à son tour par des frais inférieurs pour ces derniers.

Quel est le rôle des États en matière de soutien à l'inclusion financière ?
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Les États apportent leur soutien à l'inclusion financière dans trois domaines clés. Premièrement, ce sont eux qui fixent les règles et régulent de manière appropriée l'environnement propice à l'inclusion financière, en trouvant le juste équilibre entre la volonté d'apporter des services financiers aux plus pauvres et les nécessaires mesures de protection du consommateur. En second lieu, les États peuvent favoriser les infrastructures nécessaires au développement des services financiers, soit financièrement, soit par des incitations visant à attirer les investissements du secteur privé. Parmi ces infrastructures, on trouve notamment les systèmes de paiement mobile, les réseaux de points de vente ou encore les registres de crédit. Troisièmement, les États peuvent appuyer l'inclusion financière en développant eux-mêmes les versements électroniques (aides sociales, traitements des fonctionnaires, retraites, etc.) sur des comptes à très faible coût. De ces trois manières, les États peuvent jouer un rôle crucial pour favoriser l'inclusion financière.

Quels sont les mécanismes de protection du consommateur pour les clients de la microfinance ?
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Les préoccupations liées aux effets de taux d'intérêt excessifs, aux pratiques de prêt abusives et au surendettement des emprunteurs pauvres ont généré un intérêt croissant pour la finance responsable et la protection des consommateurs. Trois grands domaines de priorité ont été identifiés :

  • La protection du consommateur (la réglementation et la supervision doivent garantir un traitement équitable et approprié des clients et une bonne compréhension par les clients des décisions qu’ils prennent).
  • L’amélioration des normes et codes de conduite du secteur, en mettant l'accent sur l'harmonisation.
  • Une meilleure information des consommateurs pour leur permettre de mieux assumer la responsabilité de leur situation financière.

De plus, les initiatives Smart Campaign, SPTF (Social Performance Task Force) et Truelift sont venues apporter une réponse multidimensionnelle en mettant l'accent sur la protection du consommateur et les impératifs sociaux que sous-entendent l'inclusion financière et la microfinance. Ces initiatives émanant de la communauté de la microfinance concernent des aspects différents mais complémentaires de la protection du consommateur et de la performance sociale.

La communauté des investisseurs a réagi en établissant officiellement l’adoption de « Principes pour les investisseurs en finance inclusive » (PIIF), qui fixent un cadre favorisant des investissements responsables dans la finance inclusive.

Où puis-je trouver des données sur l'inclusion financière ?
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Des données sur la performance financière et la performance sociale de plus de 2 000 institutions de microfinance (IMF) participantes sont disponibles sur le site Web du marché MIX. Ces données couvrent notamment des évaluations du champ d'action, des états financiers simplifiés et un certain nombre d'indicateurs de performance financière. En complément, la Campagne du Sommet du microcrédit collecte chaque année les données relatives au champ d'action de centaines d'IMF du monde entier. Un résumé de ces informations est publié annuellement dans le Rapport de la Campagne du Sommet du microcrédit.

Voici d'autres sources de données concernant l'inclusion financière et les questions associées :

Global Findex : la seule source de données mondiales sur les services financiers du point de vue de la demande. Avec des données pour 148 pays et des informations sur 506 indicateurs émanant d'au moins 1 000 individus âgés de plus de 15 ans dans chaque pays, cette base de données permet de réaliser des analyses entre pays à l'échelle mondiale et régionale.

Enquête du FMI sur l’accès au financement (FAS) : un ensemble exhaustif de données mondiales concernant l'offre de services financiers. La base de données FAS contient actuellement des données annuelles pour 189 juridictions, notamment toutes les économies du G20, et couvre neuf années (2004-2012). Chaque pays est responsable de la gestion de ses données et métadonnées.  

FinScope : des enquêtes représentatives au niveau national qui aident à comprendre comment les individus gèrent leur vie sur le plan financier. Elles fournissent également des renseignements sur l'attitude des individus vis-à-vis des produits et services financiers ainsi que la perception qu'ils en ont. La taille de l'échantillon varie beaucoup d'un pays à l'autre (de 1 000 à 21 000 individus pour les enquêtes réalisées à ce jour).

Enquêtes de suivi de l'inclusion financière (FITS) : des enquêtes représentatives au niveau national qui sont conçues pour collecter des données sur les tendances en matière de comportement financier des ménages. L'équipe des Services financiers destinés aux pauvres de la Fondation Bill et Melinda Gates a conçu ces enquêtes en partenariat avec Intermedia pour courir sur une période de trois années dans trois pays. L'échantillon est composé de 3 000 ménages en Ouganda et en Tanzanie, et de 5 000 ménages au Pakistan ; l'enquête portera sur les mêmes ménages tout au long de son déroulement.

Enquête sur l'adoption de l'argent mobile (GSMA) : cette enquête globale vise à fournir aux responsables du déploiement des systèmes d'argent mobile de meilleurs renseignements sur la performance relative de leur service par rapport aux autres. Cette enquête a été lancée en 2011 par le programme MMU (Mobile Money for the Unbanked). Dans son édition 2013, elle couvre 114 prestataires de services issus de 57 pays : 100 d'entre eux fournissent des informations concernant l'argent mobile, 18 concernant l'assurance mobile, et 12 concernant le crédit et l'épargne mobiles.