Bénin

Selon les indicateurs des systèmes financiers décentralisés (SFD) de la BCEAO, le pays comprend fin 2014, 54 IMF et 447 points de services pour 2 615 858 clients/membres. Le montant total des dépôts s’élève à 84 903 millions Fcfa et l’encours des crédits à 113 970 millions Fcfa.

La Cellule de Surveillance des Structures Financières Décentralisées (CSSFD) mentionnent quels services financiers offerts aux clients de la microfinance couvrent d’abord et majoritairement les services de dépôts, et les services de crédit court terme (3 à 4 mois) jusqu’au moyen terme (2 à 3 ans). Les clients sont presque tous issus des couches basses et moyennes de la société, et généralement les conditions d’accès aux services ne sont pas trop exigeantes. Les activités des IMF couvrent l’ensemble des douze départements que compte le Bénin, avec une concentration dans les principales villes : Cotonou, Porto Novo et Parakou.

Cependant, malgré cette récente expansion, le secteur est confronté à des dysfonctionnements internes et à des défis susceptibles de freiner son développement et son intégration au secteur financier : la prolifération des institutions non régulées et des pratiques frauduleuses de celles-ci et la menace de disparition des petites institutions qui ont des difficultés à respecter les normes prudentielles. Mais la diversité d’institutions offrant une gamme variée de services et produits et leur professionnalisme, le dynamisme de l’Association Professionnelle et l’engagement de l’Etat et des partenaires au développement constituent des atouts pour de futurs investissements.

La totalité des SFD du Bénin ayant l’autorisation d’exercice de la microfinance, quelques soit le statut, sont regroupés au sein de l’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés du Bénin (APSFD-Bénin) connue sous le nom de Consortium Alafia.

Indicateurs économiques clés
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Population : 10.3 millions (2013)

RNB par habitant : 790 USD (2013) 

Croissance du PIB : 5.6% (2013)

Monnaie : Franc CFA

% de la population vivant avec 1.25 USD par jour : 51.6% (2011)

% de la population vivant avec 2 USD par jour : 74.3% (2011)

Sources: 
Banque Mondiale
Indicateurs d'inclusion financière
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% de la population ayant un compte dans une institution financière formelle : 17% (2014)

% de la population ayant un prêt dans une institution financière formelle : 8% (2014)

% de la population épargnant dans une institution financière formelle : 7% (2014)

Cadre légal, réglementaire et institutionnel
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Les conditions d’exercice des Systèmes financiers décentralisés (SFD) sont définies par un dispositif légal et réglementaire adopté par l’ensemble des pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). La première loi-cadre définissant le dispositif avait été adoptée par le Conseil des Ministres de l’UEMOA, lors de sa session tenue le 17 décembre 1993 à Dakar. Cette loi-cadre a été améliorée et adoptée par le même Conseil le 23 avril 2007 à Lomé. L’amélioration a été nécessaire pour prendre en compte l’évolution marquée qu’a connue le secteur en termes d’accès aux services financiers, de flux financiers et de création d’emplois. C’est une évolution accompagnée de dysfonctionnements qui pourraient remettre en cause les performances enregistrées par le secteur ces dernières années.

En effet, près du quart des SFD de l’UEMOA dégagent structurellement des résultats déficitaires. Il en résulte un nombre élevé des SFD qui ne sont pas viables, certains n’assurent leur équilibre financier qu’à travers un appui extérieur. C’est une situation imputable aux principaux facteurs que sont :

  • le non-respect des dispositions législatives, réglementaires et statutaires ;
  • les faiblesses dans l’étude des dossiers d’autorisation d’exercice ;
  • la défaillance du système d’information de gestion reflétée par la faible fiabilité des états financiers de certains SFD ;
  • la non-disponibilité, dans les délais requis, de l’information financière ;
  • la faiblesse des mécanismes internes et externes de surveillance ;
  • les insuffisances dans le suivi des recommandations formulées à l’issue des contrôles. Cette situation est à la base de la multiplication des cas de fraudes et de malversations financières.

L’importance de ces dysfonctionnements a rendu nécessaire la mise en œuvre d’actions convergentes pour circonscrire les risques ainsi identifiés et, par conséquent, sécuriser davantage les transactions. La nouvelle loi-cadre et son décret d’application proposés par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) constituent l’une des actions à mettre en œuvre pour remédier à ces manquements.

Ce nouveau cadre juridique a été la somme des échanges et des propositions formulées par l’ensemble des intervenants dans le secteur de la finance, au rang desquels figurent les SFD et leurs Associations Professionnelles, les Ministères chargés des Finances, la Commission Bancaire et les partenaires au développement.

Les principales innovations figurant dans la nouvelle législation applicable aux SFD portent essentiellement sur l’extension de la nouvelle réglementation à l’ensemble des SFD, l’instauration d’un régime unique d’autorisation d’exercice (agrément), la participation de la BCEAO à l’instruction des dossiers d’autorisations d’exercices, l’intervention de la Banque Centrale et de la Commission Bancaire dans la surveillance des institutions qui ont atteint un certain niveau d’activités, le renforcement du dispositif prudentiel et des sanctions applicables ainsi que la certification obligatoire des comptes pour les SFD d’une certaine taille financière.

Au Bénin, ce nouveau cadre juridique et réglementaire a été voté par le Parlement le 24 janvier 2012 et promulgué par le Chef de l’Etat le 21 mars 2012. Le taux d’usure est fixé à 27% l’an.

Politique nationale de développement du secteur
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Le Bénin dispose d’une politique de développement de la microfinance adoptée par le Gouvernement en décembre 2007 marquant l’aboutissement d’un processus entamé depuis 2000. Mais cette politique est actuellement en cours d’évaluation et de révision. Le résumé de la politique se présente comme suit :

Vision de développement

Au stade actuel de son évolution, les principaux acteurs du secteur de la microfinance du Bénin s’accordent, pour les années à venir, sur la vision suivante : "Le Bénin dispose d’un secteur de microfinance professionnel, viable, intégré au secteur financier et contribuant efficacement à l’accès aux services financiers pour tous d’ici à 2015".

Objectifs et finalité

L’objectif de développement est de favoriser l’accès à des services financiers viables et durables à une majorité des ménages pauvres ou à faibles revenus et des micro-entrepreneurs sur l’ensemble du territoire d’ici à 2015, grâce à des IMF pérennes et pleinement intégrées au système financier. L’accès accru et pérenne aux services financiers contribuera à la réduction de la pauvreté et à la promotion de l’emploi. Il devra permettre aux ménages et aux entrepreneurs d’améliorer leurs revenus et leurs conditions d’existence.

Axes stratégiques

Quatre axes stratégiques sont reliés à cette vision et à cet objectif de développement :

  1. l’environnement légal, réglementaire et institutionnel est renforcé dans un sens favorable au développement sécurisé du secteur ;
  2. les capacités de l’industrie de la microfinance sont renforcées en vue de sa professionnalisation ;
  3. la finance rurale est promue en vue d’assurer une meilleure couverture du territoire national ;
  4. l’accès des IMF aux ressources financières est renforcé par la mise en place de mécanismes qui assurent une pleine intégration de la microfinance au secteur financier.